La fierté en héritage
- ldessaints
- 19 juil.
- 3 min de lecture
Il est 6h00 du matin. Drapée dans une robe Calvin Klein prune, je suis prête à partir pour Paris afin d’assister au défilé du 14 Juillet. Cette édition est spéciale. Elle est profondément importante pour moi, pour notre famille. Non pas qu’il soit crucial d’assister au dernier défilé d'E. Macron… non. Ce défilé est unique parce qu’il est le tout premier auquel participe Raphaël, mon jeune cousin.
Il y a quelques mois, il nous annonçait avec autant de fierté que d’humilité avoir été sélectionné au sein de son régiment pour représenter son escadron naval et descendre les Champs-Élysées.
À travers lui, c’est une histoire d’amour et de transmission avec la France qui est à l’honneur. Derrière lui défilent en pensée ceux qui l’ont précédé : nos grands-pères, nos pères respectifs... Celles et ceux qui ont fait le choix de s’engager pour servir leur pays d’adoption, à défaut d’y être nés.
Ni une ni deux, je me fais un devoir d’être présente sur les Champs-Élysées, peu importe le moyen, guidée par le besoin d'offrir une présence soutenante et familiale. C’est alors que, comme un cadeau d’anniversaire tardif, un message me parvient sur WhatsApp. Ma cousine me propose d’y assister depuis les tribunes. Le renoncement de l’une fait le bonheur de l’autre.
L’accès aux tribunes ouvre à 7h30 et ferme à 8h45. Je ne peux pas rater ce rendez-vous. Arrivée sur les lieux, je plonge dans une effervescence joyeuse, intégrant une marée humaine à la fois calme et disciplinée.
Je déniche une place à l’ombre d’un arbre large et feuillu, presque aux premières loges. Une armoire électrique bloque la vue de quiconque voudrait s’installer juste à côté de moi : la place idéale. Malheureusement, je réalise que je suis du mauvais côté et que je ne verrai pas passer Raph. Qu’importe, l’essentiel est d’être là.
L’arrivée du Président annonce le début de la cérémonie. Puis, les premières notes de la Marseillaise s’élèvent. L'assemblée se lève d'un bond et, dans un souffle solennel, entonne ce chant guerrier. À cet instant précis, je bascule près de 50 ans en arrière.
C’était en Inde, à Pondichéry. J'avais 4 ans. Sous la direction de mon grand-père paternel, j’apprenais le refrain et le premier couplet de la Marseillaise. Il n’était pas militaire, il n’avait jamais foulé le sol français, mais il était profondément fier de transmettre ce bout d’histoire. Apprendre un chant guerrier comme on apprend une comptine, pour nous ancrer dès l'enfance l'importance de porter ces valeurs.
Je pense à mon père, qui a servi sous le drapeau tricolore au sein de l'Armée de l'Air. Par son éducation et son exemple, il m’a lui aussi transmis cette fierté d’être française et d'être au service de quelque chose de plus grand que soi. Cette marque d’engagement me galvanise.
Je pense à mon grand-père maternel que je n’ai pas connu, et qui a porté en étendard la fierté de servir « son pays », si loin de chez lui et des siens.
Cette fierté et cet héritage m’ont façonnée. Ils ont fait de moi la Française que je suis aujourd’hui. Cet héritage a marqué chacun des membres de notre famille, qui reste ancrée dans des valeurs de droiture, de respect, de loyauté et de patriotisme.
Toutes ces femmes et ces hommes qui font le choix de servir notre pays au péril de leur vie, je les admire. Ces femmes et ces hommes qui n’en restent pas moins des mères, des pères, des enfants, et qui ont choisi l’engagement envers leur nation et leur famille d’armes. Leur exemplarité m'émeut.
Ce sont ces valeurs qui, parfois, me manquent cruellement dans un quotidien où le chacun-pour-soi est légion, et où le désintérêt ou l’irrespect du collectif font trop souvent loi.
Mais lorsque chacun redonne du sens à ce qu’il est et à ce qu’il fait, il retrouve naturellement le chemin du respect, de la loyauté et de la fierté.
Alors... « Allons enfants » ! Soyons unis, respectueux, loyaux et fiers d’être Français, quels que soient notre couleur et notre héritage. Car c'est précisément cette diversité qui écrit, elle aussi, notre belle histoire commune.
Merci Sabine pour ce cadeau si précieux
Merci Raph pour ce temps suspendu





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